
Je peux avoir peur sans être ma peur.
Résumé
Que devient notre rapport à nous-mêmes lorsque nous cessons de prendre chacune de nos peurs, croyances ou réactions pour une définition de ce que nous sommes ? Emmanuel revient ici sur la désidentification comme une pratique d’observation : reconnaître ce qui se manifeste en nous, sans chercher immédiatement à le corriger ou à le faire disparaître.
L’épisode insiste aussi sur l’importance de l’instant présent, seul endroit où un mécanisme peut être réellement vu lorsqu’il apparaît. Une simple formulation comme « tiens, on dirait que je me sens attaqué » peut alors créer un espace entre une perception et l’histoire que nous en faisons.
Peu à peu, cette attention peut desserrer l’emprise de certains automatismes. Le chemin spirituel devient alors moins une recherche d’un état idéal qu’une exploration de notre condition humaine, avec ses limites, ses contradictions, mais aussi sa joie et sa gratitude.
Points clés
- Se désidentifier, c’est commencer à voir nos croyances, réactions, biais et conditionnements sans les confondre entièrement avec ce que nous sommes.
- Ce processus peut être difficile, parce qu’il implique du changement et rencontre en nous des mécanismes de résistance.
- Chercher à éliminer nos peurs, nos blessures ou nos schémas peut transformer la désidentification en une nouvelle forme de lutte ou de fuite.
- Le mouvement proposé consiste plutôt à revenir pleinement à notre corps, nos émotions, nos limites et notre condition humaine.
- Observer dans l’instant ce qui se manifeste crée un espace entre une réaction et l’identification immédiate à cette réaction.
- À force d’être conscientisés, certains automatismes peuvent perdre de leur emprise, laissant davantage de place à l’exploration, à l’accueil, à la joie et à la gratitude.
Lire la transcription complète
Mesdames et messieurs, bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast « Présence à soi ». Bienvenue, et aujourd'hui c'est un épisode, bon chaque épisode est particulier, mais aujourd'hui c'est quand même un épisode peut-être un petit peu particulier parce que j'aime beaucoup le sujet qu'on va traiter et c'est un sujet, je pense, c'est le premier sujet en tout guillemet spirituel que j'ai exploré dans mon chemin. C'est vraiment la toute première étape qui a duré bien deux ans, trois ans, ça a été une étape assez importante. Et cette étape que je trouve importante, en tout cas elle l'est pour moi, elle a été et elle l'est pour moi, c'est une étape que j'appelle un petit peu la désidentification.
Tout ce qui tourne autour de se désidentifier. Et c'est vrai qu'il y a cette idée que l'on rencontre assez tôt lorsqu'on commence à s'intéresser à la spiritualité ou qu'on commence à vivre des expériences spirituelles, c'est une idée qui dit en gros « tu n'es pas ce que tu crois être, tu n'es pas seulement ton histoire, tu n'es pas tes blessures, tu n'es pas tes peurs, tu n'es pas non plus les croyances que tu as accumulées au fil du temps, etc. » Les expériences, les traumatismes, etc.
Et pour moi, cette découverte, c'est probablement l'une des premières grandes étapes d'un chemin spirituel, en tout cas, du mien. Encore une fois, ça a commencé très jeune, après la vingtaine, et de façon très intense, cette histoire de désidentification. En tout cas, c'est comme ça que j'appelle cette étape.
Pour aller plus loin peut-être avec ce mot, je dirais que la désidentification, ou les désidentifications, ou se désidentifier, c'est comme prendre conscience que beaucoup de choses que nous pensons être, nous, sont en réalité des espèces de constructions, des habitudes, des schémas, des croyances, des biais cognitifs, des façons de juger, des réactions, des conditionnements qu'on nous a appris dès l'enfance, notre éducation, par exemple le vocabulaire des pronoms possessifs « mon mamie, mon école, mes jouets, mon papa, ma maman », tout ce vocabulaire qu'on déploie et qui commence, qui sont les prémices de l'ensemble de nos constructions, de l'ensemble de nos désidentifications à venir. Et le fait de commencer à les voir, simplement commencer à les voir, ça crée quelque chose de nouveau. Ça crée un espace, ça crée... Je peux avoir peur sans être ma peur.
Je peux ressentir de la colère sans être ma colère. Je peux constater que je porte une croyance depuis des décennies sans considérer que cette croyance, elle exprime nécessairement quelque chose qui est définitif sur moi. Je dis ça un petit peu comme ça, comme si c'était simple, mais souvent, c'est un processus, le processus de désidentification, moi je l'ai constaté pour moi et je l'ai constaté autour de moi, c'est un processus qui est difficile.
Il est source de souffrance, il est difficile et il est source de souffrance. Parce que c'est un processus d'abandon et on n'aime pas abandonner. Il y a des parts en nous, il y a des mécanismes en nous qui luttent.
Le cerveau lutte, le cerveau ne veut pas le changement. Le cerveau c'est aussi un ensemble de mécanismes liés à la survie et le changement c'est automatiquement l'inconnu, c'est automatiquement une mise en danger. Donc il y a plein de systèmes en nous qui sont à l'oeuvre pour éviter le risque, pour éviter la souffrance et donc pour éviter le changement.
Donc en nous, il y a plein plein plein de manifestations pendant le processus de désidentification qui encore une fois peut durer des mois ou des années et souvent des années. Il y a plein de processus qui vont se mettre à se manifester. Ça va piquer fort, ça va hurler fort par peur du vide, par peur du changement etc.
et par réflexe de survie. Et pourtant, entre guillemets, ces désidentifications, ces ouvertures, ces prises de conscience, elles sont immensément immensément libératrices. Une petite parenthèse sur le mot conscience aussi, j'aime beaucoup le remplacer par le mot limite.
C'est un mot qu'on croise beaucoup dans le développement personnel, dans la spiritualité, même parfois dans la thérapie, dans les milieux thérapeutiques. Amusez-vous à le remplacer par le mot limite. Par exemple, l'élévation du niveau de conscience, c'est l'élévation du niveau de limite.
Une méditation pleine conscience, c'est une méditation pleine limite. La conscience est une forme de limite en soi. C'est bien aussi de s'amuser, de remplacer un mot par un autre pour peut-être découvrir un nouvel angle, un nouveau point de vue de ce qu'on croyait connaître.
Je ferme la parenthèse. Pour continuer avec les désidentifications, il y a quand même un petit piège, parce qu'à partir du moment où on découvre que nous ne sommes pas nos conditionnements, nos peurs, etc. On va être tenté de vouloir nous en débarrasser.
On va être tenté de vouloir faire un truc pas cool avec tout ça. Parce qu'on ne sait pas en fait. A moins d'avoir un guide spirituel ou vraiment une ressource très particulière à notre portée, le premier effet, ce sera de vouloir s'en débarrasser.
Vouloir devenir quelqu'un qui n'aurait pas peur, quelqu'un qui ne jugerait plus, quelqu'un qui se débarrasserait de ses schémas, qui n'aurait plus de blessures, etc. En quelque sorte, devenir un Bouddha peut-être. Un avatar, un Bouddha.
Non, non, redescendons sur Terre. Il n'y a pas d'objectif de réussite à dépasser sa condition humaine. Au contraire.
Je vais revenir un peu plus loin. Donc, c'est là que la désidentification, un peu paradoxalement, un peu comme devenir une nouvelle manière de fuir. Alors que se désidentifier, ce n'est pas rejeter.
Ce n'est pas non plus refouler. Ce n'est pas se convaincre que quelque chose ne devrait plus être là. Ce n'est pas regarder nos blessures, nos réactions, nos fragilités, nos croyances, etc.
d'un point de vue un peu qu'on jugerait supérieur. En nous disant « tout ça appartient à mon égo, je suis au-dessus de ça ». Non, non, parce que si je cherche à me débarrasser d'une partie de mon expérience, de mes croyances, etc., je vais maintenir une lutte avec tout ça. Et même, je vais potentiellement rentrer dans de nouveaux systèmes de croyances.
Donc, on va remplacer de vieux systèmes par des systèmes nouveaux qu'on croit plus grands ou plus justes alors qu'ils ne le sont pas. Donc, ce que je veux dire, c'est qu'en tout cas, on va mettre de l'énergie pour faire disparaître quelque chose ou pour mettre quelque chose à distance alors que non, ce n'est pas le bon « move ». Ce n'est pas ce qu'il faut faire. Désolé, je suis un peu direct, mais c'est vrai.
On peut le faire un peu, mais on va très très vite se rendre compte que ce n'est pas ça, que ça ne mène nulle part, si ce n'est à l'épuisement ou si ce n'est, comme je vous le disais, on remplace un paysage par un nouveau paysage qui est juste un peu différent. Mais ça reste un paysage plein de croyances. Et donc, je vous le dis, le véritable mouvement, le mouvement juste, le mouvement, si on peut l'appeler comme ça, spirituel, il commence précisément au moment où cette lutte cesse.
Et lorsque je peux reconnaître, par exemple, que cette peur ce n'est pas mon identité, mais elle est là, que cette blessure ou ce vieux traumatisme, bon certes, il ne me définit pas, mais c'est partie de mon histoire, cette croyance que j'ai depuis tout petit, bon, ce n'est pas la vérité, mais c'est vrai qu'elle influence ma manière de regarder le monde, de vivre ma vie. Et c'est là qu'il y a un chemin à emprunter, c'est de me rendre compte que je peux ne plus me confondre avec quelque chose. Je peux ne plus m'identifier à quelque chose tout en acceptant, et je dirais même en accueillant, en accueillant pleinement sa présence.
Et je crois que c'est là qu'il y a comme un paradoxe qui commence, un paradoxe heureux, joyeux et qui est très intéressant. Et ce paradoxe, c'est le suivant, enfin c'est comme ça que je le nomme, peut-être que je pourrais le nommer autrement, mais je parle de transcendance en gros. Pour transcender notre condition, pour dépasser nos croyances, nos identifications, etc., il faut d'abord revenir complètement à elle, comme un retour.
On les identifie, donc on s'en éloigne, je les identifie, je les conscientise, donc mécaniquement je mets une distance avec elles, je mets plus de conscience, et paradoxalement à un moment donné, encore une fois, c'est dans un mouvement qui est plutôt long, je parle de mois ou d'années, il va y avoir en théorie, et dans l'idéal selon moi, selon mon point de vue, un retour. Un retour à notre condition et à tout ce qui nous anime et à tout ce qui nous constitue. Donc d'un côté, on pourrait imaginer que le chemin spirituel, ce chemin de transcendance, il consiste à s'élever et à se détacher, alors que pas du tout.
Il ne s'agit pas de s'extraire progressivement de nos limitations, il ne s'agit pas de devenir plus conscient, plus sage, plus détaché. Encore une fois, d'après mon expérience, le mouvement est presque inverse. Il s'agit vraiment d'abord de revenir.
De revenir à notre corps, à nos émotions, à nos limites, à nos croyances, à nos peurs, à nos désirs, à tous les sujets que j'évoque dans le mécanisme de désidentification, nos attachements, etc. En gros, de revenir au réel. De revenir au réel, et même de revenir à notre incarnation et à notre condition humaine.
C'est souvent comme ça que j'en parle. Ce n'est pas seulement le réel, ce n'est pas quelque chose d'extérieur, ce n'est pas la vie à l'extérieur, non, c'est nous, en nous, notre incarnation. Et notre vie, cette vie, notre condition humaine, cette condition humaine, la mienne.
Parce qu'il ne s'agit pas de fuir le réel, la vie, ou de nous fuir par le spirituel. Il s'agit, au contraire, de devenir suffisamment au contact de notre condition, suffisamment présent à notre condition, pour vraiment nous rencontrer. Rencontrer pleinement ce que nous sommes vraiment, c'est-à-dire, y compris nos croyances, nos peurs, nos schémas, nos réflexes, etc.
Donc là, on est vraiment dans une rencontre existentielle. Je pourrais mettre bien des mots pour définir cette rencontre. En tout cas, cette rencontre précisément, je veux la resituer dans un temps quelque temps présent, ça c'est important.
Parce que cultiver l'instant, l'ici et le maintenant, c'est aussi quelque chose d'important dans ce mouvement de retour à notre, de retour total à notre présence, et à notre condition humaine, à notre conscience. Dans le cas de cette espèce d'aller-retour par rapport aux identifications, on peut passer beaucoup de temps dans notre tête à visiter, revisiter le passé ou le futur. On sait très bien qu'il n'y a qu'ici que ça se passe.
Le seul endroit c'est où on peut réellement se rencontrer, observer des réactions, des mécanismes, des peurs, des jugements, des automatismes. C'est l'instant où ils apparaissent. Le fameux, encore une fois, ici et maintenant.
Parce que c'est à cet endroit là, à cet instant là, que ma conscience peut saisir, pas pour changer quoi que ce soit, mais pour le voir, pour le conscientiser. Par exemple, imaginons un truc très simple, un exemple très simple. Quelqu'un vous fait une remarque ou un jugement, et puis vous réagissez, vous vous sentez attaqué ou quelque chose comme ça.
Vous sentez l'émotion, vous sentez votre réaction, l'interprétation que vous avez, votre mécanisme de défense, votre réaction de fermeture, bref. Peut-être même vous vous attaquez à votre tour, et en quelques secondes vous êtes déjà pris dans l'histoire. La désidentification dans l'instant, l'opportunité de saisir l'instant, ça introduit une possibilité supplémentaire.
C'est-à-dire que je peux remarquer, je peux convoquer ma conscience et voir quelque chose. Donc ça c'est le vieux schéma, l'exemple. La réaction, le jugement, la colère, etc.
Mais on peut en sortir. Il suffit de conscientiser, et quand on a conscientisé, après on renforce ce mécanisme de conscientisation pour muscler notre capacité à avoir. Et donc pour ça, par exemple, regardez, je vous fais un cadeau.
C'est un outil qui est vachement simple et super efficace. Si on se dit tiens, on dirait que je me sens attaqué. Cette simple phrase, l'interjection tiens, et quelques mots, on dirait que, on dirait que, on dirait que je réagis.
On dirait que je me sens attaqué. Cette interjection et ces quelques mots créent l'espace suffisant, un espace suffisant même de quelques secondes, quelques microsecondes, pour exercer, pour exercer entre guillemets, une prise de conscience. Pour exercer, pour pratiquer une désidentification consciente, ou une observation consciente qui me permet de me désidentifier.
Et cette phrase n'a rien d'extraordinaire. Pourtant elle change beaucoup de choses. Donc rappelez-vous-en, je la tiens d'un de mes guides spirituels, David Siouci, et elle est extrêmement efficace.
N'hésitez pas à la pratiquer. Parce qu'entre me dire je suis attaqué et je remarque que je me sens attaqué, tiens, on dirait que je me sens attaqué, il y a tout un monde. A vous de l'explorer si vous en avez l'envie.
En tout cas, dans le premier cas, ma perception devient immédiatement la réalité. Je m'identifie à ma perception et j'en fais une réalité, j'en fais une histoire que je me raconte. Et puis dans le second, elle devient quelque chose que je peux observer, que je peux explorer, que je peux conscientiser, etc.
Je peux me dire, par exemple, pourquoi cette remarque m'atteint autant. Dans cette espèce-là, je peux me demander qu'est-ce qui vient me toucher, comment je me sens quand j'entends ça, qu'est-ce que je me raconte d'autre à propos de cette situation, quels sont les mécanismes, est-ce que je suis en mesure de juger, d'attaquer ? Et oui, se poser ces questions, déjà, ça évite l'écueil d'avoir envie de changer très vite ce que nous découvrons en nous et que nous ne plaît pas. On voit une peur, on ne veut plus avoir peur.
On voit une dépendance, on ne veut plus être dépendant. On découvre un schéma, un réflexe, un biais, on veut le supprimer. Oui, d'accord, mais on est humain, les gars, les filles, vous voulez devenir un robot ? Si j'enlève tous mes jugements, tous mes biais, tous mes réflexes, tous mes schémas, moi, j'ai lâché ce projet de ne plus vouloir être pleinement un être humain.
Donc, si je devais peut-être donner une autre définition de la désidentification, je dirais que c'est l'observation, la conscientisation des mécanismes, de nos mécanismes intérieurs, de tous nos mécanismes. Encore une fois, les réflexes, les biais, les croyances, etc. Et c'est pour ça que je trouve que la vie et la vie spirituelle, c'est peut-être un pléonasme de dire vie spirituelle, la vie me semble davantage être un chemin d'exploration de ces mécanismes, de notre condition humaine, qu'une espèce de destination ou d'idéal à atteindre.
Un idéal de paix, un idéal d'équilibre, ou un état de bénédiction constante, durable. Non, non, c'est pas du tout ça. Et avec toutes les croyances qu'il y a dans les milieux spirituels.
Donc, quand je parle d'idéal à atteindre, c'est trouver sa place, vivre l'éveil, trouver le sens de sa vie, et on passe notre vie à chercher. On cherche, on cherche, on cherche. On devient des chercheurs et pas des explorateurs.
Et dans l'exploration, il y a la joie. Dans la recherche, il y a la frustration. Quand on cherche, on est frustré.
Parce que quand on dit « je cherche », par définition, on se déclare soi-même séparé de l'objet de notre recherche. Si je dis que je cherche, c'est que ce que je recherche, je ne l'ai pas, ou c'est loin. Alors que quand on explore, on est complètement au contact de notre envie d'explorer ou de découvrir, de notre joie à toutes ces choses nouvelles qui se manifestent à nous.
Donc, pour en revenir aux désidentifications, à force de pratiquer la prise de conscience de ces mécanismes, et bien, ils, au pluriel, commencent à se desserrer. Ils ont moins de prise sur nous. Souvent, je donne l'image, à force de conscientiser, je ne me laisse plus conduire par mes réflexes, par mes schémas.
C'est moi qui reprends le volant de mon véhicule vie. Et ça fait toute la différence. Parce que, pour mes choix, mes choix de vie, des choix concrets, ou mes impressions, le choix de mes impressions par rapport aux événements, j'ai beaucoup plus de présence, capacité, en tout cas plus de conscience.
Ça, ça me semble certain. En d'autres termes, une croyance, ou quoi que ce soit, elle va perdre de son pouvoir, de sa force. Lorsqu'on conscientise, on reconnaît un schéma, il peut devenir moins automatique lorsqu'on commence à le voir apparaître, lorsqu'on commence à renforcer notre capacité à le voir apparaître.
Pour faire le lien sur ce que je disais tout à l'heure, cet espèce de mouvement d'aller-retour, c'est comme si on disait le processus de désidentification. Il ne dit pas tout cela n'est pas moi, donc je dois m'en débarrasser. Il dit tout cela, ça existe en moi, c'est ma condition.
Mais rien de tout ça peut, à lui seul, dire, exprimer, montrer entièrement qui je suis, qui je suis et ce que je suis. Et à cet endroit, on peut commencer à aimer un peu plus profondément, un peu plus sincèrement, véritablement notre condition. Pas seulement nos qualités, pas seulement les parties de nous dont on est fier, mais notre condition entière, notre condition d'être humain.
Nos limites, nos défauts, nos petits arrangements avec nous-mêmes, nos mensonges. Et là, on rentre dans un sujet qui devient à la fois intime et subtil. Et peut-être qu'il faudrait y consacrer un autre épisode du podcast Présence à soi.
C'est le sujet de l'amour de soi, parce que c'est un sujet, oui, subtil, que je trouve vaste. Mais en gros, l'amour de soi, c'est rencontrer notre condition pleinement, y compris toutes nos limites, etc. Donc, je suis un être humain, je suis vulnérable, je suis influencé par mes conditionnements, par mes besoins, par mes contradictions.
Et pour moi, la joie véritable, elle commence là. C'est-à-dire, pas lorsque toutes les conditions sont réunies pour qu'on soit heureux, parce que ça c'est du bullshit, mais lorsque l'on cesse progressivement d'exiger que la vie soit différente, que notre condition soit différente, pour pouvoir pleinement l'accueillir, pleinement la rencontrer, pleinement l'habiter et pleinement l'aimer. La désidentification, au final, elle ne nous éloigne pas de nous-mêmes.
Elle est un retour entier, plein, conscient, amoureux, subtil, de notre condition humaine. Et donc, cette condition vers laquelle nous ramène ce processus, qui peut prendre beaucoup de temps encore une fois, elle ne nous permet pas seulement de regarder. Ce mécanisme ne nous permet pas seulement de regarder, il nous permet d'accueillir et d'aimer.
Je le répète, c'est un mécanisme qui nous permet d'aimer plus tous nos conditionnements sans nous réduire à eux. Et c'est aussi un mécanisme, un chemin. J'ai l'impression de démonter une bagnole.
C'est un chemin d'exploration. C'est plus juste de dire ça. Un chemin d'exploration où l'amour a une place importante.
Mais c'est surtout la joie et surtout la gratitude. La gratitude d'être ce que nous sommes. La joie et la gratitude d'être des êtres humains conscients.
Voilà, je vais vous laisser avec ces mots. Merci pour votre écoute, merci pour votre attention pour cet épisode, ce nouvel épisode. Je vais quand même vous demander, est-ce qu'aujourd'hui, dans votre manière d'être, est-ce que vous essayez encore de dépasser certains schémas, certaines croyances ? Voilà, donc si vous avez des témoignages, encore une fois, facebook, internet, email, commentaires youtube, où vous voulez.
Voilà, n'hésitez pas à me faire un témoignage, à me faire un message. Je vous remercie et je vous dis à très bientôt.