Mon parcours jusqu’à aujourd'hui
J’accompagne les personnes qui souhaitent mieux se comprendre, apaiser ce qui les traverse et retrouver une relation plus sereine avec elles-mêmes. Ma façon d’accompagner s’est construite autant à travers mes formations que par mon cheminement personnel, fait de questionnements, de rencontres et de nombreuses transformations. Je vous partage ici quelques étapes pour que vous puissiez découvrir qui je suis et ce qui nourrit ma pratique.

Ce parcours n’a pas été linéaire. Il s’est construit au fil d’expériences personnelles, professionnelles et spirituelles intenses et parfois difficiles qui ont progressivement façonné ma façon d’accompagner mais surtout ma manière d'être.

Les grandes étapes de mon cheminement
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20 ans : abandon de vieux schémas
Mon cheminement spirituel commence par un deuil. Ce qui ressemblait alors à une perte absolue deviendra, bien des années plus tard, l’amorce d’une seconde naissance et d’une recherche intérieure profonde.
20 ans : abandon de vieux schémas & découvertes
Mon cheminement spirituel commence par un deuil. Quel paradoxe de « perdre » un être cher, puis de réaliser bien plus tard, qu’il s’agit des prémices d’une seconde naissance. Trois années d’une vie morte, trois années de culpabilité et d’incompréhension. A l’époque de cette expérience douloureuse, je ne rêve que d’issue, quelle qu’elle soit, à une vie devenue sans saveur et sans lumière. Pendant ces années de détresse intérieure, c’est très probablement le grand curieux en moi qui émet le souhait de vivre, de savoir ce qu’en est le sens et de connaître ce que je suis. Je suis loin d’imaginer à quel point, dans les univers non conventionnels auxquels j’allais me frotter, cette curiosité serait comblée.
" La beauté comme la misère sont avant tout dans les yeux de celui qui regarde." Marvin
Je rencontre à 23 ans mon premier enseignant spirituel. Moi qui me projette dans un matérialisme salvateur, je ne prévois pas d’être économe quant à mes certitudes de jeune homme en détresse. Et pourtant, ce guide me fait recycler la quasi-totalité de mes croyances de l’époque. Ces années à ses côtés sont foisonnantes de nouveautés. Je lis Jiddu Krishnamurti, Paul Watzlawic, Neil Donald Walsh, Carlos Castaneda. Ces auteurs ouvrent ma conscience comme jamais je n’aurais pu l’imaginer. Je découvre également les médecines « alternatives » (fleurs de Bach, homéopathie, G5) et des approches dites « énergétiques » telles que le Feng Shui, la radiesthésie, la géobiologie.
Au côté de cet enseignant, il n'est possible ni de me cacher ni de maintenir mes croyances limitantes. Son intelligence, sa pertinence et sa maturité spirituelle ne me laissent aucun répit. Paradoxalement, j'explore joyeusement tout autant que je souffre à muer. Les vieilles peaux, issues de 2 décennies de conditionnements, sont tenaces. Les arracher sans y laisser sa santé mentale relève autant de la volonté que de la folie. Mais petit à petit, je dépasserai mes croyances et mes idéaux falsifiés.
" Il y a une injonction mystérieuse qui nous oblige à nous élever. Ne pas obéir à cette injonction c'est se trahir soi-même et trahir la vie." Stephen Jourdain
“
La beauté comme la misère sont avant tout dans les yeux de celui qui regarde.
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30 ans : création d’entreprise, chamanisme
À l’approche de la trentaine, je crée une activité indépendante dans le domaine de la gestion des couleurs en photographie. Mes clients ont des noms prestigieux. Michelin, le musée du Louvre, les Archives de France.
30 ans : création d’entreprise, chamanisme
Aux premières années de ma trentaine, je crée une activité d’indépendant dans un domaine sans rapport avec le développement personnel. Pour se rencontrer soi-même et prendre la mesure de qui l’on est, rien de tel que se frotter à la libre entreprise et à la recherche d’autonomie financière. Ma compagne de l’époque est une aide et un soutien décisif pour cette création. Je lui dois beaucoup.
Plus jeune, j’avais lu des récits d’Occidentaux initiés aux traditions chamaniques. J’avais été captivé tout en imaginant ces expériences hors de portée alors que je rêvais de les vivre. Comme par magie, mon rêve devient réalité. Mes expériences, cérémonies et initiations en chamanisme sont nombreuses et s’étalent sur plusieurs années. Cette période apporte son lot de réponses aux interrogations existentielles que je n’avais de cesse de poser.
« La liberté est un état d’esprit, non le fait d’être affranchi de quelque chose ; c’est un sens de liberté ; c’est la liberté de douter, de remettre tout en question ; c’est une liberté si intense, active, vigoureuse, qu’elle rejette toute forme de sujétion, d’esclavage, de conformisme, d’acceptation. »
Jiddu Krishnamurti — Se libérer du connu
Vers la fin de la trentaine, je sens atteindre comme un palier dans ma quête de sens. Bien que je puisse exprimer conceptuellement cet « aboutissement », mon ressenti n’est pas d’origine intellectuelle. Je sens sa « présence » globalement dans mon être. Comme une évidence sans pourquoi. Cependant, je ne la considère ni absolue ni définitive. Au contraire. Elle est une réponse relative, en simple adéquation avec qui je suis devenu à cet instant… un jeune homme heureux et équilibré, mais dont le cheminement spirituel se suspend et ne semble plus présenter de perspectives évidentes. Ce que je perçois est clair, mais je n’ai aucune clé pour dépasser ma « conclusion » et continuer mon chemin. J’aurai peu à attendre pour faire le prochain pas.
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La liberté est un état d’esprit, non le fait d’être affranchi de quelque chose.
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40 ans : qui suis-je, conscience et joie
À quarante ans, ma recherche change de direction. La question «Qui suis-je?» remplace peu à peu «Que suis-je». Commence alors un chemin de conscience, de désidentification et d’ouverture joyeuse.
40 ans : qui suis-je, conscience et joie
40 ans : qui suis-je, conscience et désidentifications joyeuses
Mon parcours de vie me conduisait inlassablement dans des directions ne formant qu’un seul horizon. L’horizon « Moi ». Les chemins que j’empruntais jusque-là furent une quête de quoi. Que suis-je ? Qu’est-ce que le réel ? Que sont la vie et la mort ? Qu’est-ce que le temps ? Puis, autour de 40 ans, la quête de quoi s’effaça rapidement pour céder la place à la quête d’identité. Qui. Qui suis-je ? Je croyais le savoir. Je n’imaginais pas à quel point j’en étais loin, ni à quel point cette question serait, ces années à venir, source de mon déploiement.
La clé dont je parlais fut apportée par Isabelle Padovani. J’éprouve une grande gratitude à l’égard de cette personne. Elle était comme la messagère qui apportait la générosité dont je parlais plus haut. Elle me permit de rencontrer les êtres qui allaient guider mes pas : Thierry Tournebise, Marshall Rosenberg et David Ciussi, pour ne citer que les plus importants.
Entre 37 et 41 ans, je me suis formé et certifié en psychothérapie, à travers la maïeusthésie de Thierry Tournebise. Dans le même temps, je me suis également formé et j’ai assidûment pratiqué la communication non violente de Marshall Rosenberg. Ces approches, à force de pratique, auront fait grandir en moi authenticité, capacité d’écoute et sensibilité à la richesse de ma vie intérieure autant qu’à celle des autres.
« S’il existe une vraie manière d’entrer en relation thérapeutique avec un être, c’est en étant serviteur de ce qui nous pousse les uns vers les autres, afin de nous reconnaître au cœur de cette relation. »
Yvan Amar
J’étais profondément reconnaissant d’explorer et d’intégrer des outils devenus qualités personnelles, en communication comme en psychologie. Mais une part de moi réclamait plus. Plus de vérité et plus de liberté.
Avec mon parcours antérieur, je craignais que ces désirs ne déclenchent souffrances et mécanismes de protection. En effet, les stratégies de l’ego et de la psyché sont puissantes et complexes quand il s’agit de perdurer. J’avais pourtant beaucoup, beaucoup lâché au cours de mon chemin. Mais il restait encore des croyances puissantes auxquelles il était compliqué d’échapper. Pourquoi ? Parce que je ne les voyais pas. Je ne les conscientisais pas. Et sans prise de conscience, pas de prise pour l’action véritable.
À la découverte irrépressible de soi-même, je savais qu’on devait tout risquer. Devoir dire oui. Un oui sans délai ni ombre. Un oui clair et spontané. Oui, je veux savoir qui je suis. David Ciussi, un enseignant spirituel, sera dans cette période récente l’un de ceux qui me feront encore faire des pas décisifs.
Les expériences qui m’ont fait faire les bonds les plus signifiants sont simples et directes. Mais il y a un risque à les raconter. Car c’est justement parce que ces expériences sont hors des mots que l’ego cherche à tout prix à les décrire pour se les approprier. Pour maintenir un édifice de symboles et de mémoires reposant sur des croyances limitantes autant que sur des illusions.
Des affirmations telles que « je suis tout ce qui est », « je suis le moment présent » ou « je suis le silence » sont certes exactes, mais fausses lorsqu’elles sont déconnectées ou retirées de la vie. De la vie concrète et réelle.
Alors qui suis-je ? L’expression « Je suis celui qui est » ainsi que le mot « Joie » sont selon moi les premiers reflets de toute hasardeuse réponse. Pour la suite, je souhaite de tout cœur que cette page « À propos » soit un bon commencement.
« Tout ce qui devient mot devient pensée et nous éloigne de la vérité indicible. »
Arnaud Desjardins
“
Entrer en relation, c’est être serviteur de ce qui nous pousse les uns vers les autres.
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50 ans : accompagner avec présence et délicatesse
Aujourd’hui, mon parcours nourrit quotidiennement une présence plus simple et plus claire. J’accompagne chacun à rencontrer ce qui se vit, avec respect, écoute et sans imposer de conseils ou de direction.
40 ans : qui suis-je, conscience et joie
50 ans : accompagner avec présence et délicatesse
À l’approche de mes cinquante ans, un rêve longtemps porté devient réalité : vivre ailleurs, loin de mes habitudes et de mes repères. Cette distance avec ma famille, mes amis et la culture dans laquelle j’ai grandi produit paradoxalement un rapprochement. Ce qui était familier, parfois presque invisible à force d’être présent, retrouve toute sa valeur lorsqu’il n’est plus immédiatement accessible.
L’éloignement transforme les relations. Les rencontres deviennent moins fréquentes, mais souvent plus conscientes. Les échanges demandent davantage d’intention, d’attention et le désir de maintenir le lien. La distance révèle alors ce qui demeure et ce qui mérite d’être préservé.
Il en va de même avec ma culture. Ce que je considérais comme allant de soi devient plus visible au contact d’autres manières de vivre, de penser et d’entrer en relation. M’en éloigner me permet paradoxalement de mieux la reconnaître et d’en mesurer l’influence.
Mais réaliser un rêve ne signifie pas entrer dans une vie idéale. Une fois devenu réel, il perd la protection de l’imaginaire. Il faut le rencontrer tel qu’il est, avec sa lumière, ses contraintes et ses contradictions. Une autre culture, d’autres codes, la distance et l’incertitude m’exposent plus directement à ce qui ne peut être maîtrisé.
Cette période correspond également à une présence plus importante sur les réseaux sociaux. Je publie davantage, je prends plus souvent la parole et j’expose plus ouvertement mon travail, mes réflexions et une part de mon cheminement. Cette visibilité devient une autre manière de créer du lien, mais elle confronte aussi au regard des autres.
Elle m’oblige notamment à distinguer le désir d’être reconnu de l’envie de transmettre. Je ne prétends pas être totalement libéré du premier, mais je sens le second prendre davantage de place : transmettre ce que l’expérience m’a appris, proposer des repères sans les transformer en vérités, ouvrir des chemins sans décider de celui que l’autre devrait emprunter.
C’est aussi ce que ma pratique thérapeutique continue de m’enseigner. Accompagner ne consiste pas à conduire quelqu’un vers une destination choisie pour lui, mais à rencontrer ce qui se présente, écouter ce qui cherche à être reconnu et soutenir le mouvement propre à chacun. Les années ne m’apportent pas davantage de certitudes ; elles rendent surtout plus évidente la nécessité de la présence, de l’écoute et de la délicatesse.
Aujourd’hui, je cherche moins à saisir la vie qu’à la rencontrer. Moins à résoudre ses paradoxes qu’à leur laisser une place. Le rêve et le réel, l’éloignement et la proximité, l’exposition et l’intimité, la parole et le silence peuvent devenir les différentes expressions d’un même chemin : celui d’une relation plus directe, plus consciente et plus vivante avec ce qui est.
*« Tout ce qui devient mot devient pensée et nous éloigne de la vérité indicible. »*
**Arnaud Desjardins**
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Tout ce qui devient mot devient pensée et nous éloigne de la vérité indicible.
20 ans : abandon de vieux schémas & découvertes
Mon cheminement spirituel commence par un deuil. Quel paradoxe de « perdre » un être cher, puis de réaliser bien plus tard, qu’il s’agit des prémices d’une seconde naissance. Trois années d’une vie morte, trois années de culpabilité et d’incompréhension. A l’époque de cette expérience douloureuse, je ne rêve que d’issue, quelle qu’elle soit, à une vie devenue sans saveur et sans lumière. Pendant ces années de détresse intérieure, c’est très probablement le grand curieux en moi qui émet le souhait de vivre, de savoir ce qu’en est le sens et de connaître ce que je suis. Je suis loin d’imaginer à quel point, dans les univers non conventionnels auxquels j’allais me frotter, cette curiosité serait comblée.
" La beauté comme la misère sont avant tout dans les yeux de celui qui regarde." Marvin
Je rencontre à 23 ans mon premier enseignant spirituel. Moi qui me projette dans un matérialisme salvateur, je ne prévois pas d’être économe quant à mes certitudes de jeune homme en détresse. Et pourtant, ce guide me fait recycler la quasi-totalité de mes croyances de l’époque. Ces années à ses côtés sont foisonnantes de nouveautés. Je lis Jiddu Krishnamurti, Paul Watzlawic, Neil Donald Walsh, Carlos Castaneda. Ces auteurs ouvrent ma conscience comme jamais je n’aurais pu l’imaginer. Je découvre également les médecines « alternatives » (fleurs de Bach, homéopathie, G5) et des approches dites « énergétiques » telles que le Feng Shui, la radiesthésie, la géobiologie.
Au côté de cet enseignant, il n'est possible ni de me cacher ni de maintenir mes croyances limitantes. Son intelligence, sa pertinence et sa maturité spirituelle ne me laissent aucun répit. Paradoxalement, j'explore joyeusement tout autant que je souffre à muer. Les vieilles peaux, issues de 2 décennies de conditionnements, sont tenaces. Les arracher sans y laisser sa santé mentale relève autant de la volonté que de la folie. Mais petit à petit, je dépasserai mes croyances et mes idéaux falsifiés.
" Il y a une injonction mystérieuse qui nous oblige à nous élever. Ne pas obéir à cette injonction c'est se trahir soi-même et trahir la vie." Stephen Jourdain
30 ans : création d’entreprise & chamanisme
Aux premières années de ma trentaine, je crée une activité d’indépendant dans un domaine sans rapport avec le développement personnel. Pour se rencontrer soi-même et prendre la mesure de qui l’on est, rien de tel que se frotter à la libre entreprise et à la recherche d’autonomie financière. Ma compagne de l’époque est une aide et un soutien décisif pour cette création. Je lui dois beaucoup.
Plus jeune, j’avais lu des récits d’Occidentaux initiés aux traditions chamaniques. J’avais été captivé tout en imaginant ces expériences hors de portée alors que je rêvais de les vivre. Comme par magie, mon rêve devient réalité. Mes expériences, cérémonies et initiations en chamanisme sont nombreuses et s’étalent sur plusieurs années. Cette période apporte son lot de réponses aux interrogations existentielles que je n’avais de cesse de poser.
« La liberté est un état d’esprit, non le fait d’être affranchi de quelque chose ; c’est un sens de liberté ; c’est la liberté de douter, de remettre tout en question ; c’est une liberté si intense, active, vigoureuse, qu’elle rejette toute forme de sujétion, d’esclavage, de conformisme, d’acceptation. »
Jiddu Krishnamurti — Se libérer du connu
Vers la fin de la trentaine, je sens atteindre comme un palier dans ma quête de sens. Bien que je puisse exprimer conceptuellement cet « aboutissement », mon ressenti n’est pas d’origine intellectuelle. Je sens sa « présence » globalement dans mon être. Comme une évidence sans pourquoi. Cependant, je ne la considère ni absolue ni définitive. Au contraire. Elle est une réponse relative, en simple adéquation avec qui je suis devenu à cet instant… un jeune homme heureux et équilibré, mais dont le cheminement spirituel se suspend et ne semble plus présenter de perspectives évidentes. Ce que je perçois est clair, mais je n’ai aucune clé pour dépasser ma « conclusion » et continuer mon chemin. J’aurai peu à attendre pour faire le prochain pas.
" La beauté comme la misère sont avant tout dans les yeux de celui qui regarde." Marvin
Je rencontre à 23 ans mon premier enseignant spirituel. Moi qui me projette dans un matérialisme salvateur, je ne prévois pas d’être économe quant à mes certitudes de jeune homme en détresse. Et pourtant, ce guide me fait recycler la quasi-totalité de mes croyances de l’époque. Ces années à ses côtés sont foisonnantes de nouveautés. Je lis Jiddu Krishnamurti, Paul Watzlawic, Neil Donald Walsh, Carlos Castaneda. Ces auteurs ouvrent ma conscience comme jamais je n’aurais pu l’imaginer. Je découvre également les médecines « alternatives » (fleurs de Bach, homéopathie, G5) et des approches dites « énergétiques » telles que le Feng Shui, la radiesthésie, la géobiologie.
Au côté de cet enseignant, il n'est possible ni de me cacher ni de maintenir mes croyances limitantes. Son intelligence, sa pertinence et sa maturité spirituelle ne me laissent aucun répit. Paradoxalement, j'explore joyeusement tout autant que je souffre à muer. Les vieilles peaux, issues de 2 décennies de conditionnements, sont tenaces. Les arracher sans y laisser sa santé mentale relève autant de la volonté que de la folie. Mais petit à petit, je dépasserai mes croyances et mes idéaux falsifiés.
" Il y a une injonction mystérieuse qui nous oblige à nous élever. Ne pas obéir à cette injonction c'est se trahir soi-même et trahir la vie." Stephen Jourdain
40 ans : qui suis-je, conscience et désidentifications joyeuses
Mon parcours de vie me conduisait inlassablement dans des directions ne formant qu’un seul horizon. L’horizon « Moi ». Les chemins que j’empruntais jusque-là furent une quête de quoi. Que suis-je ? Qu’est-ce que le réel ? Que sont la vie et la mort ? Qu’est-ce que le temps ? Puis, autour de 40 ans, la quête de quoi s’effaça rapidement pour céder la place à la quête d’identité. Qui. Qui suis-je ? Je croyais le savoir. Je n’imaginais pas à quel point j’en étais loin, ni à quel point cette question serait, ces années à venir, source de mon déploiement.
La clé dont je parlais fut apportée par Isabelle Padovani. J’éprouve une grande gratitude à l’égard de cette personne. Elle était comme la messagère qui apportait la générosité dont je parlais plus haut. Elle me permit de rencontrer les êtres qui allaient guider mes pas : Thierry Tournebise, Marshall Rosenberg et David Ciussi, pour ne citer que les plus importants.
Entre 37 et 41 ans, je me suis formé et certifié en psychothérapie, à travers la maïeusthésie de Thierry Tournebise. Dans le même temps, je me suis également formé et j’ai assidûment pratiqué la communication non violente de Marshall Rosenberg. Ces approches, à force de pratique, auront fait grandir en moi authenticité, capacité d’écoute et sensibilité à la richesse de ma vie intérieure autant qu’à celle des autres.
« S’il existe une vraie manière d’entrer en relation thérapeutique avec un être, c’est en étant serviteur de ce qui nous pousse les uns vers les autres, afin de nous reconnaître au cœur de cette relation. »
Yvan Amar
J’étais profondément reconnaissant d’explorer et d’intégrer des outils devenus qualités personnelles, en communication comme en psychologie. Mais une part de moi réclamait plus. Plus de vérité et plus de liberté.
Avec mon parcours antérieur, je craignais que ces désirs ne déclenchent souffrances et mécanismes de protection. En effet, les stratégies de l’ego et de la psyché sont puissantes et complexes quand il s’agit de perdurer. J’avais pourtant beaucoup, beaucoup lâché au cours de mon chemin. Mais il restait encore des croyances puissantes auxquelles il était compliqué d’échapper. Pourquoi ? Parce que je ne les voyais pas. Je ne les conscientisais pas. Et sans prise de conscience, pas de prise pour l’action véritable.
À la découverte irrépressible de soi-même, je savais qu’on devait tout risquer. Devoir dire oui. Un oui sans délai ni ombre. Un oui clair et spontané. Oui, je veux savoir qui je suis. David Ciussi, un enseignant spirituel, sera dans cette période récente l’un de ceux qui me feront encore faire des pas décisifs.
Les expériences qui m’ont fait faire les bonds les plus signifiants sont simples et directes. Mais il y a un risque à les raconter. Car c’est justement parce que ces expériences sont hors des mots que l’ego cherche à tout prix à les décrire pour se les approprier. Pour maintenir un édifice de symboles et de mémoires reposant sur des croyances limitantes autant que sur des illusions.
Des affirmations telles que « je suis tout ce qui est », « je suis le moment présent » ou « je suis le silence » sont certes exactes, mais fausses lorsqu’elles sont déconnectées ou retirées de la vie. De la vie concrète et réelle.
Alors qui suis-je ? L’expression « Je suis celui qui est » ainsi que le mot « Joie » sont selon moi les premiers reflets de toute hasardeuse réponse. Pour la suite, je souhaite de tout cœur que cette page « À propos » soit un bon commencement.
« Tout ce qui devient mot devient pensée et nous éloigne de la vérité indicible. »
Arnaud Desjardins
50 ans : accompagner avec présence et délicatesse
À l’approche de mes cinquante ans, un rêve longtemps porté devient réalité : vivre ailleurs, loin de mes habitudes et de mes repères. Cette distance avec ma famille, mes amis et la culture dans laquelle j’ai grandi produit paradoxalement un rapprochement. Ce qui était familier, parfois presque invisible à force d’être présent, retrouve toute sa valeur lorsqu’il n’est plus immédiatement accessible.
L’éloignement transforme les relations. Les rencontres deviennent moins fréquentes, mais souvent plus conscientes. Les échanges demandent davantage d’intention, d’attention et le désir de maintenir le lien. La distance révèle alors ce qui demeure et ce qui mérite d’être préservé.
Il en va de même avec ma culture. Ce que je considérais comme allant de soi devient plus visible au contact d’autres manières de vivre, de penser et d’entrer en relation. M’en éloigner me permet paradoxalement de mieux la reconnaître et d’en mesurer l’influence.
Mais réaliser un rêve ne signifie pas entrer dans une vie idéale. Une fois devenu réel, il perd la protection de l’imaginaire. Il faut le rencontrer tel qu’il est, avec sa lumière, ses contraintes et ses contradictions. Une autre culture, d’autres codes, la distance et l’incertitude m’exposent plus directement à ce qui ne peut être maîtrisé.
Cette période correspond également à une présence plus importante sur les réseaux sociaux. Je publie davantage, je prends plus souvent la parole et j’expose plus ouvertement mon travail, mes réflexions et une part de mon cheminement. Cette visibilité devient une autre manière de créer du lien, mais elle confronte aussi au regard des autres.
Elle m’oblige notamment à distinguer le désir d’être reconnu de l’envie de transmettre. Je ne prétends pas être totalement libéré du premier, mais je sens le second prendre davantage de place : transmettre ce que l’expérience m’a appris, proposer des repères sans les transformer en vérités, ouvrir des chemins sans décider de celui que l’autre devrait emprunter.
C’est aussi ce que ma pratique thérapeutique continue de m’enseigner. Accompagner ne consiste pas à conduire quelqu’un vers une destination choisie pour lui, mais à rencontrer ce qui se présente, écouter ce qui cherche à être reconnu et soutenir le mouvement propre à chacun. Les années ne m’apportent pas davantage de certitudes ; elles rendent surtout plus évidente la nécessité de la présence, de l’écoute et de la délicatesse.
Aujourd’hui, je cherche moins à saisir la vie qu’à la rencontrer. Moins à résoudre ses paradoxes qu’à leur laisser une place. Le rêve et le réel, l’éloignement et la proximité, l’exposition et l’intimité, la parole et le silence peuvent devenir les différentes expressions d’un même chemin : celui d’une relation plus directe, plus consciente et plus vivante avec ce qui est.
*« Tout ce qui devient mot devient pensée et nous éloigne de la vérité indicible. »*
**Arnaud Desjardins**
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