Présence à Soi
Présence à Soi
Pourquoi vous faites les mauvais choix ? 5 biais qui déforment votre vie
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Identifier nos biais, en prendre conscience, c'est aussi une façon de nous désidentifier et de ne plus être conduits par des mécanismes automatiques.

Résumé

Nos pensées, nos croyances et nos interprétations influencent bien davantage notre quotidien que nous ne l'imaginons. Certains mécanismes automatiques, appelés biais cognitifs, peuvent nous conduire à prendre nos perceptions pour la réalité, sans même que nous en ayons conscience.

Dans cet épisode de Présence à Soi, Emmanuel explore cinq de ces biais : le biais de confirmation, les coûts irrécupérables, le biais de complexité, l'illusion de fréquence et le biais de négativité. À travers des situations concrètes, il interroge leur influence sur nos relations, nos choix, nos démarches thérapeutiques et notre rapport à la spiritualité.

L'invitation n'est pas de combattre ces mécanismes, mais d'apprendre à les reconnaître pour nous laisser moins facilement conduire par eux et retrouver une plus grande liberté intérieure.

Points clés

  • Les biais cognitifs influencent nos perceptions, nos comportements et parfois nos décisions, souvent à notre insu.
  • Le biais de confirmation nous pousse à retenir les informations qui confortent nos croyances.
  • Le biais des coûts irrécupérables peut nous conduire à poursuivre une démarche qui ne nous convient plus.
  • La complexité d'une explication ne garantit ni sa justesse ni sa profondeur.
  • L'illusion de fréquence peut influencer notre interprétation des synchronicités et de certains concepts psychologiques.
  • Le biais de négativité nous rend particulièrement sensibles aux expériences désagréables, tandis que leur conscientisation peut nous aider à leur redonner une juste place.
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Mesdames et messieurs, bonjour, bienvenue à toutes et à tous dans ce nouvel épisode de Présence à Soi et comme j'en parlais la semaine dernière, j'évoquais quelque chose qu'on connaît, peut-être pas tous et toutes, mais que nous sommes nombreux à connaître, les biais cognitifs. Et donc je me suis dit qu'allez, c'était l'occasion, j'en ai un peu parlé il y a une semaine, c'est l'occasion de faire un podcast dessus. Donc on peut avoir une vague idée de ce que sont les biais cognitifs, on en a probablement tous plus ou moins entendu parler, on peut même en connaître quelques-uns.

Pour autant, souvent, j'ai remarqué qu'on ne se rend pas toujours compte à quel point ils influencent nos vies, parce qu'on les connaît peut-être intellectuellement, mais peut-être qu'on ne s'amuse pas suffisamment à les identifier. Je crois que c'est là que c'est une des clés, d'ailleurs, de les voir, de les conscientiser, pour d'une certaine façon nous en libérer. J'en parlerai un peu plus loin dans le podcast.

Identifier nos biais, en prendre conscience, c'est aussi une façon de nous désidentifier et de ne plus être conduits par des mécanismes automatiques. Donc c'est vrai que oui, ces biais, quand on n'en a pas conscience, ils influencent nos vies, ils influencent nos comportements et parfois même nos choix. Alors les biais cognitifs, il en existe des dizaines, vraiment des dizaines et des dizaines et des dizaines.

Mais aujourd'hui, je vous propose d'en explorer cinq. Et à vrai dire, c'est les cinq que j'ai le plus de facilité à reconnaître. Et puis j'ai regardé un petit peu tous ceux qui existaient parmi ces dizaines et ces dizaines qu'on peut identifier.

Voilà, il y en a certains quand même qui se retrouvent plus régulièrement, plus fréquemment dans nos vies quotidiennes. Donc voilà, c'est ces cinq biais qui sont sélectionnés un peu subjectivement, mais quand même on les retrouve très souvent dans nos vies et dans nos propres comportements. Alors, un biais cognitif, d'abord, qu'est-ce que c'est ? Alors je n'ai pas regardé la définition dans le Larousse, mais disons que c'est une tendance qu'à notre esprit a fonctionné.

À fonctionner, à sélectionner, à interpréter, à mémoriser et à rendre des informations, à classer, à prioriser certaines informations, certains mécanismes plutôt que d'autres. Donc c'est un fonctionnement lié au cerveau, lié à nos autoroutes neuronales. En gros, on peut dire que c'est des raccourcis.

Ils sont utiles, mais comme je le disais, ils peuvent nous amener, souvent ils nous amènent, à prendre nos croyances, nos interprétations pour la réalité. La réalité. Alors nous en avons tous, les biais cognitifs y sont à l'œuvre, et j'insiste encore un peu là-dessus, il ne s'agit pas de se battre contre eux, il ne s'agit pas de se battre contre des mécanismes qui sont à l'œuvre, qui font partie de nous, mais vraiment ce premier pas, cette première étape, c'est de les identifier, de les reconnaître, de les voir, de les conscientiser, dites ce que vous voulez.

Moi, j'aime bien dire de prendre conscience quand même de ces mécanismes qui peuvent parfois nous conduire malgré nous. Parce que les conscientiser, c'est une opportunité de reprendre la main sur ce qui auparavant nous menait en mode automatique. Donc nous en avons tous et toutes, au sens que nous avons tous un cerveau.

On a tous des neurones, des circuits neurologiques, et qui fonctionnent à peu près tous de la même façon. Mais j'attribue ces biais au fonctionnement du cerveau et du système neurologique des êtres humains, et que c'est ok d'avoir ces fonctionnements-là. Même si les connaître, je le redis, j'insiste un peu, les connaître, ça ne les fait pas disparaître, et il ne s'agit pas de les faire disparaître, il s'agit de les conscientiser pour ouvrir un espace qui soit à la fois un espace de désidentification et un espace où on se laissera moins facilement conduire.

Alors, le premier biais, c'est le biais de la confirmation. C'est un grand classique et disons que ce biais décrit un peu notre tendance non seulement à chercher, mais surtout à retenir ce qui confirme une idée qu'on a déjà, une croyance que l'on a déjà, tout en donnant, effet secondaire, moins d'importance à ce qui pourrait contredire ce que l'on croit déjà. Donc en d'autres termes, c'est lorsque l'on est plus sensible ou plus réceptif à ce que l'on croit ou ce que l'on considère déjà comme vrai ou déjà comme réel.

Le biais de confirmation, c'est tout ce qu'on reconnaît ayant déjà été validé par nous-mêmes qui vient renforcer, comme un cercle a priori vertueux, une confirmation. Donc, des exemples : imaginons une scène au travail. Vous êtes convaincu qu'un de vos collègues ne vous apprécie pas puis qu'un matin, il ne vous dit pas bonjour. Et puis vous vous dites intérieurement : « Bon, ben voilà, j'en étais sûr. » Et puis même si plus tard il y a un échange, un sourire, on y fait moins attention parce qu'on reste un petit peu dans la confirmation qu'on construit une histoire, on construit contre ce collègue éventuellement un dossier à charge.

Et ça vaut dans nos relations habituellement. Beaucoup les biais de confirmation dans nos relations se retrouvent beaucoup. Mais il suffit d'écouter aussi les informations, il suffit de lire des choses sur le net, les algorithmes sont extrêmement bien conçus pour nous montrer ce que l'on approuve déjà, ce que l'on aime déjà, ce que l'on valide déjà. Donc il y a aussi, c'est marrant parce que c'est vrai qu'avec internet, ce biais-là, il s'est tellement mais tellement renforcé avec le net et les réseaux sociaux.

Un autre exemple, c'est dans la relation d'aide, ce biais peut concerner tous les praticiens, toutes les personnes dans la relation d'aide. C'est-à-dire que quand on pense avoir compris l'origine d'un trauma ou d'une souffrance, il y a ce risque-là qui est d'interpréter tout ce qu'on entend d'une personne que l'on soutient, que l'on aide, que l'on accompagne à travers ce seul filtre-là, cette seule hypothèse-là, et de considérer tout le reste comme des confirmations de ce qu'on aurait trop vite conclu. Pour moi et pour les thérapeutes en maïeusthésie, rencontrer quelqu'un, c'est justement ne pas prétendre savoir à sa place.

Ça, c'est quelque chose qui est une part importante dans la formation en maïeusthésie, des thérapeutes en maïeusthésie, on ne sait pas à la place de l'autre. Au contraire, c'est ce que dit souvent Thierry Tournebise : on se laisse enseigner par l'autre. Et sur un plan qui ne serait pas thérapeutique, spirituel, le biais de confirmation, on le retrouve assez souvent aussi.

On peut sélectionner les événements qui confortent nos croyances, nos croyances spirituelles, nos croyances existentielles, et puis laisser de côté tout le reste, toutes les informations qui cadrent pas avec nos propres croyances. Par exemple, on pourrait voir des signes un peu partout pour justement conforter et renforcer notre propre croyance, notre propre vécu. Et sachez, c'est pas compliqué d'imaginer que dans les domaines spirituels, on est, peut-être c'est un autre biais, on est parfois soumis ou on est parfois bien véloce à interpréter des signes qui mériteraient aucune interprétation et aucune surcouche d'interprétation.

Donc en fait, lorsque, ce que je peux me poser comme question, c'est que, par rapport à ce biais, c'est lorsque je tiens absolument à une croyance, lorsque une croyance est profondément ancrée en moi comme une conviction, qu'est-ce que cela me coûte en termes de limites et de fermeture ? Qu'est-ce que cette croyance, cette conviction, pose en moi comme limitation, comme frontière ? Voilà, donc je pense c'est une question qu'on peut être amené à se poser pour identifier quelles sont les limites posées par nos croyances et nos biais. Et nos croyances et ce biais-là, le biais de confirmation. Le second biais, c'est le biais des coûts irrécupérables ou des coûts irrécupérables, si je fais la liaison.

C'est marrant parce que ce biais-là, je suis en plein dedans. Je ne vais pas donner de détails, mais je suis dans un projet qui m'a pris énormément d'énergie et je suis allé trop loin pour... Ah bon ? Je me dis : j'ai ce biais-là, c'est fou. J'ai ce biais-là dans lequel je me dis que je suis allé trop loin pour laisser tomber.

Donc je vois bien ce biais à l'œuvre en moi depuis plusieurs semaines maintenant, sur un projet qui a commencé il y a deux mois et qui commence à prendre énormément de temps de façon disproportionnée depuis, je dirais, à peu près entre deux et trois semaines. Vraiment, vraiment disproportionné. Donc ce biais-là, c'est quoi ? C'est un biais qui consiste à continuer, malgré tout, une démarche, un choix, quelque chose, malgré le fait qu'il y a comme un déséquilibre.

On se dit : j'y ai consacré tellement de temps à une chose, à un projet, peu importe, tellement de temps, tellement d'argent, tellement d'énergie, qu'on va préférer continuer même lorsque l'on ressent que ça ne nous convient plus plutôt que d'arrêter. Parce qu'on se dit : on est allé trop loin. Il y a plein d'exemples encore une fois.

Donc on paie une formation, par exemple, on paie une formation très chère. Et puis après quelques semaines, on se rend compte qu'elle ne répond pas à nos attentes. Puis pourtant, on continue parce qu'on a payé.

Pourtant, cet argent-là, on ne va pas le récupérer. Pourtant, cet argent ne reviendra pas. Tout comme le temps que l'on consacre à continuer, on ne récupérera pas tout cela.

C'est par exemple aussi un biais, je me rends compte qu'on le retrouve beaucoup dans les trucs qu'on mange. On achète un truc à boire, une boisson qu'on n'aime pas ou un plat qu'on n'aime pas. Et puis on se dit : « Bon, j'ai payé. »

« Bon, je vais finir quand même. Allez, il en reste un peu, je vais finir. » Et en fait, on peut se rendre malade, on peut ne pas s'écouter.

Donc c'est un petit peu ça le biais des coûts irrécupérables. On peut retrouver ce biais dans une relation, dans une démarche thérapeutique, par exemple, une démarche qui ne nous aide plus, ou une pratique spirituelle à laquelle on a consacré des années. Je me souviens, j'ai rencontré, il y a quelques années, des gens, au moins deux ou trois personnes qui avaient contribué, qui s'étaient plongées dans le bouddhisme pendant dix, dans le bouddhisme, dix, vingt, vingt ans.

Et puis au bout d'un certain temps, ils en sont sortis parce que ça ne leur convenait plus. Est-ce qu'ils étaient restés aussi longtemps à cause de ce biais-là ? Trop d'investissement, trop de temps, peut-être trop d'argent. J'aurais été curieux de leur demander.

Mais je me pose la question aujourd'hui, quand je repense à ces témoignages de personnes qui ont beaucoup cheminé dans ces pratiques-là. Alors, ça ne veut pas dire qu'on doit abandonner dès qu'une difficulté apparaît, ce biais. Dans nos relations, dans nos thérapies, on ne va pas tout ramener à un calcul de rentabilité ou de bénéfice.

Mais avoir conscience, avoir connaissance de ce biais, c'est important. Et la question qu'on peut se poser, c'est si je découvrais cette situation aujourd'hui, là maintenant, cette situation que je vis, ces ressentis que j'ai, sans tout ce qui s'est passé auparavant, est-ce que je choisirais encore de m'engager dans cette voie, de faire ce choix ? On peut reconnaître la valeur du passé, mais jamais cette valeur-là que l'on attribuera au passé ne nous oblige à prolonger, à un moment donné, ce qui ne nous correspond plus. Quand je poursuis quelque chose, est-ce que je peux me rendre compte que je suis prisonnier d'une illusion d'obligation ? C'est un petit peu ça, l'illusion de l'obligation.

Amusez-vous à l'identifier. Il y a plein de situations du quotidien où on le retrouve. Le troisième biais, c'est le biais de complexité.

Alors, je ne l'avais pas noté en ce sens, mais c'est le mot qui ressort. Je ne sais pas si c'est comme cela qu'on le nomme. Et je ne sais pas si les études scientifiques sur les biais cognitifs ont étudié, vérifié ce biais-là.

J'en donne donc là une interprétation un petit peu, une description et une interprétation plutôt personnelle. Je n'ai fait aucune recherche pour vérifier s'il y avait de la littérature scientifique. Donc celui-là, c'est notre attirance parfois pour les explications compliquées, pour les choses compliquées.

Surtout dans nos sociétés occidentales où le cortex est clairement prédominant, pardon, très mis en avant, très valorisé. Donc ce biais de complexité, c'est comme une impression qu'une idée serait plus profonde, plus juste, plus sérieuse, plus vraie. Tout simplement parce qu'elle est plus compliquée, plus difficile à comprendre, plus élaborée.

Je pense qu'un des mots les plus importantes clés dans ce biais-là, c'est élaboré, complexe, élaboré. Par exemple, on peut préférer quelque chose d'un peu sophistiqué pour plein de choses, pour retrouver un équilibre de vie, pour se remettre en forme. Alors qu'en fait, on pourrait juste avoir besoin de dormir davantage, de lever le pied au boulot, ou de poser des limites dans nos relations.

Et je prends aussi un exemple dans la spiritualité, où parfois on va, comment dire, multiplier, pas multiplier les méthodes, mais approfondir les méthodes, les pratiques, chercher à avoir différents niveaux de lecture de certains enseignements ou de certains ouvrages de spiritualité. Alors qu'en fait, non, tout ça, ça peut être aussi du charabia intellectuel. Et ça peut nous stimuler, parce que justement, il y a une stimulation intellectuelle qui nous fait croire, qui nous fait illusionner que ça a du sens, que c'est la bonne voie.

Comme si la vérité, elle devait forcément avoir une difficulté d'accès, être difficile d'accès. On n'est plus prompt à donner du crédit à travers ce biais, à la complexité, à l'élaboration, qu'aux choses simples. Comme si les choses simples nous laissaient un arrière-goût de simpliste.

Alors ça ne veut pas dire que tout doit être simple. Il y a certaines réalités qui sont vraiment complexes. La réalité de notre corps, de notre fonctionnement intérieur.

Il y a de la complexité. Mais la question, c'est de ne pas confondre la complexité et la validité que l'on donne à un raisonnement qui peut sembler profond ou élaboré. Donc lorsque l'on trouve une idée pertinente, quand on entend une personne s'exprimer sur des sujets pointus, est-ce que c'est parce qu'elle est juste ou parce qu'elle est compliquée que j'y plaque, par réflexe, une forme de validation ? Je serais très curieux d'avoir votre retour sur ce biais-là, parce que c'est vraiment une impression très subjective.

Le quatrième biais, c'est l'illusion de fréquence. Par exemple, il est assez simple, celui-là. Quand on commence une activité, je prends l'exemple de jouer aux échecs, parce que c'est celle qui m'avait parlé à l'époque.

J'avais commencé à jouer aux échecs et puis soudain, je voyais des jeux d'échecs partout. J'en voyais en pub, j'en voyais dans les magasins, j'en voyais dans les séries. J'avais l'impression de remarquer des jeux d'échecs plus que d'habitude.

Mais est-ce que réellement, c'était devenu plus fréquent ? Non. C'est simplement notre attention, à un moment donné, qui va changer, qui va évoluer, qui va se transformer. Et je trouve ce phénomène assez intéressant, parce qu'on parle souvent de synchronicité.

Et je me demande si ce biais-là, qu'on appelle l'illusion de fréquence, ça ne serait pas la moitié ou plus des synchronicités que l'on peut expérimenter. Par exemple, typiquement, les heures jumelles 11 h 11, on commence à remarquer une heure particulière sur son téléphone ou sur la pendule et puis on la voit de plus en plus souvent. Puis on peut même établir la croyance qu'il y a un message à ce moment-là qui nous est adressé.

Donc moi, je ne suis pas en train de nier la signification de certaines coïncidences. Une signification qui peut être intime, qui peut être subtile. Mais en tout cas, je propose de distinguer ce qui est vécu de ce que l'on interprète du vécu, de ce que l'on interprète en mode automatique et que nous faisons tous, en mode réflexe.

Donc l'idée, ce n'est pas d'écarter d'éventuels signes, mais de conscientiser ce mécanisme en nous, issu de nos biais cognitifs et notamment de celui-là, l'illusion de fréquence. En thérapie aussi, un concept nouvellement découvert ou une mode. Je me souviens, il y a quelques années, c'était la mode des pervers narcissiques.

On voyait et on lisait des pervers narcissiques, du contenu sur le net, YouTube, Twitter, tous les réseaux sociaux, pervers narcissiques, pervers narcissiques, pervers narcissiques. Et là, depuis un an, deux ans, c'est quoi ? C'est les profils évitants. Alors, je ne suis pas en train de dire que les profils évitants, c'est de la bêtise.

Non, c'est documenté. Il y a eu pas mal de recherches là-dessus. Mais il y a quand même, je trouve quand même, pas mal d'effets de mode, y compris dans les étiquettes psychologiques que l'on se met les uns sur les autres.

Et il y a bien des pervers narcissiques. Et c'est effectivement une pathologie connue et prise au sérieux. Mais parfois, il y a des dérives et on colle ces étiquettes un peu partout.

Donc, pour en revenir à cette illusion de fréquence, il y a ces concepts qui reviennent et que l'on peut parfois retrouver et valider en tant que spectateur. Allez, le dernier biais, c'est le biais de négativité. On a tous tendance à accorder davantage attention de poids aux expériences qui sont négatives qu'aux expériences qui sont positives.

Ce biais-là, je le trouve très connu, connu, reconnu, plutôt du grand public, parce qu'on se dit depuis des années que les infos et les sites Internet, les contenus sur le Net font du buzz et de l'audience parce que c'est souvent des trashs, c'est souvent de la violence ou des choses négatives. On peut quand même identifier ce mécanisme en partie à travers notre sensibilité au danger, détecter ce qui nous menace pour notre sécurité. C'est quand même assez utile pour notre survie, pour le maintien de certains de nos équilibres.

Et donc, je me demande si ça n'apparente pas une certaine dimension supplémentaire avec notre besoin d'appartenance, d'ailleurs. Mais en tout cas, ce biais de négativité-là, je l'imagine que c'est la sensibilité de notre organisme, de notre cerveau, entre autres, à être plus sensible à ce qui pourrait nous mettre en danger. Il ne s'agit pas de prendre le contre-pied et de se dire que toute menace est imaginaire, mais qu'elle doit prendre une place, disons une juste place.

Mais ce biais, il a quand même... J'ai l'impression qu'il a quand même une forme de... Comme s'il était un petit peu toujours à l'œuvre en nous, et que sur notre plan intérieur, c'est pas vraiment ce que je veux dire, mais en nous, comme si dans de nombreux moments de notre vie, on pouvait déconsidérer des événements ou des choses que l'on vit au lieu de justement les considérer, au lieu de justement les gratifier. Comme si à un instant où on perdrait nos moyens, où on se mettra en colère, ça venait effacer tout le chemin qu'on a parcouru. La phrase qui me venait par rapport à ce biais, enfin l'interrogation qui me venait par rapport à ce biais, comme un geste de conscience, ça serait « Quelle histoire je suis en train de me raconter ? » Et j'ai une autre phrase qui est issue d'un de mes guides, David Ciussi, qui est « Je me plains une fois ». David disait souvent, et il le dit encore souvent, je pense : « Je me plains, j'ai le droit de me plaindre », il rajoutait « une fois ». Alors voilà, pour ces cinq biais, qu'il ne s'agit pas de chercher à combattre, mais uniquement à conscientiser, à remarquer, apprendre à remarquer, renforcer notre capacité à les remarquer, pour ne pas enfermer le réel dans les premières histoires, les premières impressions que notre esprit nous raconte, que l'on se raconte, sur nous-mêmes ou sur la vie.

Voilà, si l'un de ces biais fait écho à votre propre expérience, n'hésitez pas à m'en faire part, je serai très heureux de vous lire comme d'habitude. Et d'ici le prochain épisode, je vous souhaite à tous et à toutes une très bonne journée, et je vous dis à très bientôt, merci.