Fleur alpine dans la roche au coucher du soleil
Présence à Soi
Rencontrer l’être, pas sa souffrance
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Je rencontre des êtres qui me parlent de leur souffrance. Je ne rencontre pas leur souffrance. Je rencontre ceux qui souffrent.

Résumé

Dans cet épisode, Emmanuel revient sur une expérience de formation qui a profondément déplacé sa manière d’envisager la posture thérapeutique. Face à la souffrance d’autrui, faut-il porter ce qui est vécu, chercher à l’apaiser, ou rencontrer d’abord l’être qui traverse cette expérience ?

À partir de cette question, la réflexion s’élargit à notre rapport à la maladie, aux déséquilibres, à la spiritualité et aux attentes que nous plaçons parfois dans la thérapie. Emmanuel interroge notamment l’idéal d’un chemin qui conduirait vers l’absence de difficulté, de symptôme ou de souffrance.

L’épisode invite enfin à regarder avec honnêteté nos intentions dans la relation d’aide, mais aussi la qualité de notre lien à la joie et à la gratitude, y compris lorsque la vie se présente sous des formes inconfortables ou douloureuses.

Points clés

  • Rencontrer une personne qui souffre ne signifie pas nécessairement porter sa souffrance.
  • La maladie ou le déséquilibre n’empêchent pas nécessairement de rester relié à une forme profonde de joie et de gratitude.
  • La thérapie peut entretenir implicitement l’idéal d’un état futur sans problème, sans symptôme ou sans maladie.
  • La dimension spirituelle peut déplacer notre manière de considérer ce qui nous heurte, nous fait souffrir ou nous déstabilise.
  • Dans la relation d’aide, il est essentiel d’interroger honnêtement l’intention d’apaiser, de résoudre ou d’apporter une solution.
  • La joie et la gratitude peuvent devenir une manière d’interroger la qualité de notre lien à nous-mêmes, aux autres et à ce que nous vivons.
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Mesdames et messieurs, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Présence à soi. Et dans ce podcast, en tout cas pour commencer ce podcast, j'aimerais vous dire que je n'étais pas du tout destiné à devenir thérapeute. Et j'aimerais bien vous raconter l'anecdote qui m'a fait, comment dire, peut-être pas basculer, mais arriver à cette destination.

Même si j'ai un petit peu de, pas de mal, mais un petit peu de, une très légère retenue qui se présente à moi quand je mets le mot thérapeute. Je suis d'un côté, je suis à l'aise parce qu'on a besoin de mettre des repères. Et parfois les repères sont des étiquettes.

Et pour mon prochain, il faut bien que mon prochain sache ce que je propose ou ce que je prétends être, ou qui je prétends être. Et donc les mots, même s'ils réduisent, on doit bien les employer. Et je me mets à la place de tous ces êtres qui ont besoin de repères, parce que moi-même j'ai besoin de repères.

Il y a à peu près, peut-être onze ans, douze ans, quand je me formais en maïeusthésie, je me souviens du niveau 3, qui est un niveau particulier, comme ils le sont tous. Le niveau 3 consiste en une semaine de tour de table sur des problématiques qui sont évoquées en groupe. Donc c'est une semaine de travail de groupe.

Et on peut partir de problématiques, entre guillemets, personnelles, ou des cas qu'on rencontre quand on accompagne déjà. Il faut savoir que les stages de maïeusthésie sont pourvus de personnes qui font déjà des activités dans le domaine du soin, dans le domaine de la santé, dans le domaine médical, dans le domaine psychologique. Il y a des psychiatres qui viennent, il y a des médecins qui viennent, il y a des infirmières qui viennent, il y a des gens en reconversion qui viennent, il y a des curieux qui viennent.

Donc c'est un panel très intéressant parce qu'on retrouve des cas issus de la vie professionnelle réelle. Et cette semaine-là, je me souviens qu'à chaque fois qu'une thématique était proposée et qu'on demandait à tour de rôle aux personnes présentes dans le groupe cette semaine-là d'exprimer peut-être un endroit, une direction dans laquelle aller dans l'accompagnement, ou une phrase ou une réflexion. C'est-à-dire qu'on présentait un cas très concret et chacun devait s'exprimer tour à tour pour dire ce que ça lui inspirait de faire par rapport à la personne qui pouvait se présenter à elle et être en difficulté, ou de dire, etc.

Ou d'évoquer à Thierry Tournebise, le formateur, une direction qu'on aurait prise spontanément par rapport à une situation donnée, une problématique donnée. Et j'ai passé une semaine, je pense, à valider à chaque tour de table que j'étais complètement à côté de la plaque. Je me rendais compte que tout ce que proposait le formateur, Thierry Tournebise, était bien plus juste, bien plus intelligent, bien plus sensible, bien plus délicat.

Et malgré toute ma volonté, toute ma sensibilité, toute mon intelligence, je ne pouvais pas lutter contre ce qui était limpide. C'est-à-dire que lui, il était juste, et moi, je n'étais pas là où il était. Je n'étais pas dans la posture dans laquelle il était. Je n'étais pas avec les mots qu'il avait, avec le non-verbal qu'il avait. Je ne savais pas si j'étais loin ou pas. Et d'ailleurs, je ne m'en souviens plus.

Mais en tout cas, je n'y étais pas. Ça, c'est clair. Loin ou pas, je n'y étais vraiment pas. Je ne pense pas que j'étais très proche.

Et donc cette semaine-là, ça a été une semaine assez compliquée à vivre. Parce qu'à force d'être à côté, à côté, à côté, on se dit, bon, il y a un petit accueil à avoir pour soi-même. Un petit peu comme une empathie, si on peut, pour soi-même, en se disant, bon, voilà où j'en suis. Ça fait mal. C'est décevant.

On se juge. Je me jugeais. Mais je percevais déjà, en tout cas je percevais pendant ce stage, que j'avais comme une révélation, que ce métier de thérapeute pour lequel je me projetais un petit peu, ce n'était pas un objectif en soi. Ce n'était pas déjà un projet que je m'étais fixé, sur lequel j'étais. Donc il n'y avait pas réellement de déception à cet endroit-là.

Au contraire, il y avait même une gratitude. Je ressentais de la gratitude parce que je me disais : j'ai un repère. Ce n'est pas fait pour moi.

Et pendant une pause café, je voyais bien ce que Thierry proposait. Et je l'avais vu en niveau 1 et 2. J'avais littéralement assisté, pour mon premier stage de maïeusthésie, et la première fois que j'ai vu Thierry accompagner quelqu'un, j'ai littéralement assisté à un miracle. Devant mes yeux, devant moi ce jour-là, dans une salle de Bergerac, une salle de formation, j'ai assisté à un pur miracle.

Et plusieurs semaines, mois plus tard, je me rendais compte que j'étais passé complètement à côté de beaucoup de choses. Donc je reviens à l'histoire de cette pause. Et je me souviens vraiment tellement de cette image où, juste avant de franchir le seuil de la porte, j'interpelle Thierry et je lui dis : « Thierry Tournebise, je ne sais vraiment pas comment tu fais pour porter tout ça. »

Sous-entendu, toute la souffrance de ces êtres qui te sollicitent en séance. Toutes ces expériences qui sont racontées, qui sont des drames, voire des tragédies parfois. Je ne sais pas comment tu fais pour accueillir, pour porter toutes ces larmes, toute cette tristesse, toute cette souffrance, année après année, après année, après année.

Et la façon dont il se retourne vers moi, légèrement étonné, avec un regard des yeux. Il me regarde et il me dit : « Mais je ne porte rien. Je ne fais que rencontrer. »

« Je rencontre des êtres qui me parlent de leur souffrance. Je ne rencontre pas leur souffrance. Je rencontre ceux qui souffrent. Je ne rencontre pas les pleurs, les larmes. Je rencontre ceux qui ont des larmes. »

Quand il m'a dit ça, ce jour-là, j'ai switché complètement. À cet instant-là, j'ai switché complètement. Comme quoi parfois, il suffit de tellement, tellement pas grand-chose.

Et avec la pratique de la thérapie, pendant à peu près une dizaine d'années pour moi aujourd'hui, ces enseignements ont été nombreux. Les enseignements de mes stages de maïeusthésie, de mes accompagnements et de tous les stages que j'ai faits à côté. J'ai eu une période pendant plusieurs années vraiment très, très, très, très intense, avec beaucoup de rencontres, avec beaucoup de déplacements, de différents types de pratiques. Et ma propre vie, mes propres expériences de vie.

Et quand on se confronte au témoignage de notre prochain dans sa souffrance, et quand on se confronte à nos propres expériences de souffrance, les miennes, mes doutes, mes peurs, les obstacles que je rencontre, les difficultés que je vis, qui peuvent être profondes, encore il y a quelques années, récemment même, durables, intenses, avec des effets sur ma psyché, sur mon corps, je me rends compte qu'être malade, ce n'est pas quelque chose qui, aujourd'hui en tout cas, et par le passé, pour demain je ne sais pas, ce n'est pas quelque chose qui est en capacité de me priver de ma bonne santé.

Ce que je veux dire par là, c'est que la maladie n'a pas le pouvoir sur moi de me priver d'une joyeuse connexion à ce que je suis et à qui je suis. Mon corps, il est malade, il tousse, il a de la fièvre, il n'a pas un système immunitaire extraordinairement solide. Et quand il est malade, il est parfois, pas toujours, mais vraiment bien malade.

Si je me relie depuis peut-être sept, huit, peut-être même dix ans à tous ces moments où ça a duré, duré, duré, duré, des semaines ou des mois ou même des années, je me rends compte que j'ai toujours réussi à garder une connexion, un lien avec la joie profonde, intime, intense, pas intense mais profonde, intime, constante, vivante et vibrante d'être un être qui vivait une expérience.

L'expérience du doute, l'expérience de la maladie, l'expérience de l'anxiété, l'expérience de me voir accueillir ou de me voir en incapacité d'accueillir ces doutes, ces peurs, ces anxiétés, etc. Toujours connecté à une forme de joie et une forme de gratitude qui va de pair avec cette joie, comme les deux faces d'une même pièce.

Et la maladie ne peut pas me priver de ma bonne santé, de cet espace-là qui est en bonne santé. En tant qu'être humain, et en tant qu'être humain vivant mon expérience, ces difficultés que je vous évoque, et en tant que thérapeute qui accueille des êtres en souffrance, je me rends compte qu'implicitement on porte un petit peu comme un idéal qui serait un idéal de santé, un idéal d'apaisement constant, un idéal de bien-être retrouvé à travers des démarches auprès de thérapeutes quels qu'ils soient, pour retrouver l'équilibre, pour retrouver la joie, pour faciliter notre bonheur.

Et en fait, la responsabilité de tous ceux et celles qui colportent ce message, de tous ces thérapeutes qui colportent ce message, selon lequel nous cheminons vers la santé, vers l'absence de maladie, est une pure illusion.

Et là, vous aurez compris que je sors du champ thérapeutique. Je rentre dans celui de la vie, de la réalité, de ce que nous vivons, des expériences que nous vivons, et de nos réactions vis-à-vis de ces expériences, et vis-à-vis de la maladie, de la dépression, de nos difficultés.

Notre réaction, c'est de dire non, comme nous disons non à nos symptômes, ou comme nous disons non à notre fièvre, à notre souffrance, à notre désarroi.

Ce premier réflexe que l'on a, d'accord, il est naturel, mais il est si souvent, si souvent inconsciemment prolongé par un discours ambiant, celui de la société, de l'éducation et, encore une fois, comme je le disais, celui des thérapeutes.

Quelle est notre responsabilité ? Interrogeons-nous sur notre responsabilité, en tant que thérapeute, à maintenir, même sans s'en rendre compte, sans nous en rendre compte, que l'on chemine vers un état qui serait l'absence de problèmes, de maladies. Quand je dis problèmes et maladies, vous aurez compris que c'est extrêmement connoté.

Tout ça, ce sont des situations et, disons peut-être, ce serait peut-être plus juste de parler de... Bien sûr, ce serait beaucoup plus juste de parler de situations, mais surtout ce serait probablement plus juste, pour ne pas être complètement neutre, pour ne pas être complètement dans l'observation, de parler de déséquilibre.

Donc quelle est la responsabilité des thérapeutes, et quelle est la responsabilité de ceux qui cheminent spirituellement, de porter une espèce d'idéal dans lequel il n'y aura pas de cancer, dans lequel il n'y aura pas de rhume ? J'aurais peut-être dû commencer par les rhumes.

Ce refus que nous avons en nous de vivre, de subir, parce que c'est comme ça qu'on le vit, des déséquilibres, des maladies, des pertes d'autonomie. Quelle est notre responsabilité ? Et pour moi, elle est totale.

J'ai fait mon site internet il y a quoi, il y a cinq, six ans. J'avais toutes les peines du monde à faire le choix entre : est-ce que je parle de thérapie ou est-ce que je parle de spiritualité ?

Parce que je suis les deux, et je valide l'un et l'autre. Le chemin spirituel ne peut porter ses fruits pour un explorateur spirituel que si les pas ont été faits dans le champ thérapeutique.

Et donc pourquoi je vous parle de ça ? Tout simplement parce que dans cet univers thérapeutique, dans lequel on place un objectif d'apaisement, de bien-être, de bonheur, d'absence de problèmes, de symptômes, de maladies, ce que je ressens, c'est que cette dimension spirituelle qui est en moi, que j'ai expérimentée si souvent, et que je partage quand c'est juste à travers mon site, mes contenus, mais même parfois à la marge dans les séances thérapeutiques, parce que parfois c'est juste et c'est opportun.

Mais quand il est plus direct et quand il occupe plus d'espace, ce témoignage, on ne va pas dire... Je n'ai pas envie de dire l'enseignement, même s'il s'agit d'un enseignement, parce qu'au bout d'un moment il faut quand même assumer. Mais disons ce témoignage que je porte, il vient rééquilibrer toutes les croyances thérapeutiques qui vont avec le discours thérapeutique.

Parce que la vie, c'est la vie, ce n'est pas la thérapie, même si la thérapie en fait partie. Donc la posture spirituelle, elle est bien plus à l'aise, elle est bien plus détendue vis-à-vis de tout ce qui nous heurte, de tout ce qui nous bouffe, de tout ce qui nous fait souffrir, de tout ce qui nous tue.

Et je pense à quelque chose. Il y a quelque chose qui me vient, c'est que l'explorateur spirituel ou l'exploratrice spirituelle, jusqu'où ces êtres-là, jusqu'où sont-ils prêts à aller ? Quand on prétend vouloir savoir qui on est, ce qu'on est, on va jusqu'au bout.

Et je parle de notre santé mentale, je parle de notre intégrité physique. C'est très cliché de le dire, mais quand on prétend vouloir savoir qui on est, ou ce qu'on est, ou s'éveiller, peu importe, quand on place des objectifs très élevés, on doit être prêt à perdre des plumes.

Pour ceux qui s'intéressent à la spiritualité, vous pouvez lire Attar, le poète persan, je crois que c'est du XIIe siècle, Le Cantique des oiseaux.

Eux, ils en perdent beaucoup de plumes. Ils veulent savoir qui ils sont, ils en perdent beaucoup. Et d'ailleurs, les oiseaux, dans Le Cantique des oiseaux d'Attar, ils sont guidés par la huppe, qui est une messagère royale, mais ça, c'est une autre histoire.

Ils sont guidés. Et cette dimension de la guidance, elle est fondamentale. Je prolonge un petit peu le sujet, mais j'ai l'impression de m'en éloigner un petit peu, quoique.

Je dis ça parce que je voulais consacrer un épisode entier d'un podcast à ça. Mais allez, j'y suis, j'en parle. Peut-être que je couperai, j'en sais rien.

La nécessité d'avoir un guide. Parce que quand j'étais bien plus jeune, je voyais bien que la vie était une enseignante. Mais il y a des vérités fondamentales que j'aurais pu mettre des décennies à connecter, à rencontrer, à conscientiser, ensuite à vérifier, ensuite à intégrer, ensuite à arriver en moi, à laisser germer, grandir et cueillir des fruits, pour enfin être parfaitement à l'aise avec des concepts qui, en fait, prendraient, quand ils sont reçus par un être humain, de la part, pardon, d'un être humain, je dirais, allez, peut-être quelques années, peut-être quelques mois.

Je donne des exemples de durée, mais en tout cas, en temps humain, si on prétend vouloir que ce soit la vie qui soit un guide, on s'expose de façon, désolé, mais je dirais de façon un petit peu idiote par croyance, parce que le temps, c'est quand même quelque chose. C'est une ressource importante, même si on a un temps infini.

Qui a envie de passer vingt ans pour intégrer des concepts simples qui pourraient être intégrés en quelques années ?

Et qui aurait pu me dire : est-ce que la vie, à travers la formation des nuages dans le ciel, la façon dont les feuilles d'automne tombent sur le sol, est-ce que cette vie aurait pu m'enseigner qu'un thérapeute ne doit pas regarder l'objet de la souffrance, mais doit regarder l'être qui souffre, rencontrer, se connecter à l'être qui souffre ?

Je vous sors cet exemple, mais je pourrais en sortir des dizaines.

Donc je suis très heureux, d'une part, que la spiritualité, ma spiritualité, vienne compléter, rééquilibrer une dimension thérapeutique qui a énormément de limites et de croyances véhiculées, et que ma dimension spirituelle ait été bornée de rencontres tellement, tellement fondamentales pour moi.

Les guides que j'ai eus, les rencontres les plus déterminantes pour moi, elles ont été d'une richesse, des ressources que jamais la vie elle-même, à travers des expériences qui ne soient pas des rencontres avec mon prochain, que jamais la vie elle-même n'aurait pu me transmettre aussi rapidement.

Et j'ai envie de faire un petit retour en arrière et de reparler de la maïeusthésie et des thérapeutes, et des thérapeutes dans d'autres approches.

Et j'aimerais demander : êtes-vous réellement, êtes-vous réellement sans intention quand vous accompagnez quelqu'un ? Si vous regardez au plus profond de vous, si vous êtes face à un miroir impeccable, pouvez-vous réellement dire que vous êtes sans aucune intention ?

Et ce chemin-là, cette question-là, ce questionnement vertueux, il est absolument nécessaire pour toutes les personnes qui sont dans la relation d'aide. Quelle est notre relation, en tant que thérapeute, à un projet, un projet subtil parfois, très subtil, d'apaisement, de résolution, de solution ?

Au moins, essayons, en tant que thérapeute, d'avoir l'honnêteté, la conscience et l'honnêteté d'être très au clair avec ce qui se joue en nous, avec ce qui nous anime lorsque nous sommes dans la relation d'aide.

Et je vous le dis, c'est ma sensibilité à titre personnel, oui, j'ai une intention. Et mon intention, c'est la rencontre, rencontrer. C'est ma principale intention : rencontrer un être.

Et cette rencontre, elle a deux particularités. Elle me fait vivre deux choses, deux mouvements en moi. C'est celui de la joie de la rencontre et c'est celui de la gratitude.

Je vous en parlais il y a quelques minutes. C'est ça qui revient. C'est ce qui se représente à chaque instant, à chaque rencontre. Et cette dimension-là, ce mouvement-là de la joie et de la gratitude, c'est plus qu'un mouvement qui doit animer les thérapeutes. C'est pour moi un mouvement qui doit animer les êtres humains.

Que nous nous placions dans une posture thérapeutique, que nous suivions un cheminement spirituel, ce mouvement-là, c'est un mouvement qui me semble indispensable de connecter et de cultiver dans notre posture, aussi bien dans notre posture que dans notre relation à nous-mêmes et au monde, et à toutes ces réalités, quelles qu'elles soient.

Et je crois que si je devais conclure ce podcast, ce serait avec cette question : quelle est la qualité de ma conscience ? Quelle est la qualité de ma posture ? Autrement dit, quelle est la qualité de mon lien ? Peut-être pourrions-nous parler de relation, mais je fais une distinction entre relation et lien.

Quelle est la qualité de mon lien vis-à-vis de la joie et vis-à-vis de son pendant direct ? La gratitude. La gratitude d'être, la gratitude d'être conscient, la gratitude et la joie d'exister, la gratitude d'être vivant, la gratitude et la joie de goûter, d'entendre, de vivre, de marcher, de courir, mais pas seulement.

La gratitude de vivre, de ressentir le déséquilibre, la maladie, la tristesse, le désespoir, l'anxiété. En toutes circonstances, quelle est la qualité de ma relation, de mon lien avec cette joie, cette gratitude immédiatement disponible, en toutes circonstances ?

Voilà, mesdames et messieurs, ces quelques mots quant à nos intentions, notre posture, que nous soyons thérapeutes, êtres humains, explorateurs spirituels ou que sais-je.

Merci beaucoup. Je vous dis à très bientôt, et puis n'hésitez pas, comme d'habitude, à me contacter si vous en avez l'élan. Je serai très heureux de vous lire. Merci beaucoup. À bientôt.